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29 août 2026 PIRATAGE NEW DÉMENTI 4 min de lecture

JabaRoot : le Maroc dément le piratage de ses systèmes

Des fichiers présentés comme les données de membres des services de sécurité marocains ont été diffusés le 24 août par un groupe utilisant le nom JabaRoot. Trois jours plus tard, le pôle réunissant la Direction générale de la sûreté nationale et la Direction générale de la surveillance du territoire a démenti toute intrusion dans ses systèmes ou ses bases sécuritaires. L’affaire illustre une distinction essentielle : la circulation d’un fichier et la preuve d’un piratage ne sont pas la même chose.

Des fichiers attribués à environ 70 000 personnes

Le 24 août, JabaRoot a publié sur Telegram des fichiers qu’il présentait comme contenant des informations relatives à plus de 70 000 personnes rattachées à la DGSN et à la DGST marocaines. Les listes auraient notamment comporté des noms, des dates de naissance, des numéros de carte nationale d’identité, des matricules de paie et des années de recrutement, selon Yabiladi.

Ce nombre et cette origine sont des affirmations associées à la diffusion des fichiers, pas un bilan vérifié par une autorité indépendante. Il serait donc inexact d’écrire que 70 000 agents ont été confirmés comme victimes d’un piratage. Ce qui est publiquement établi est la circulation de fichiers présentés sous cette attribution, puis la réponse officielle des institutions visées.

La DGSN-DGST dément une intrusion directe

Dans un communiqué relayé par plusieurs médias marocains le 27 août, le pôle DGSN-DGST affirme que les données publiées ne proviennent « en aucun cas » d’une intrusion dans ses systèmes d’information sécuritaires. L’institution indique que ses systèmes concernés ne sont pas connectés à des réseaux ouverts sur Internet.

Selon cette même version, les données seraient anciennes et viendraient de bases ou de systèmes gérés par des compagnies d’assurance, ainsi que par des organismes de couverture sociale et sanitaire. Cette explication ne permet pas, à elle seule, de reconstituer le chemin précis des fichiers ni de savoir quelles données sont authentiques. Elle contredit en revanche clairement le récit d’un piratage direct des bases de la police et du renseignement marocains.

Des photographies et documents également contestés

Le communiqué ne porte pas uniquement sur l’origine technique des listes. La DGSN-DGST met aussi en garde contre des photographies présentées comme celles de fonctionnaires et contre des documents prétendument sécuritaires. Elle les qualifie de truqués ou falsifiés, en citant notamment des uniformes et des grades militaires qui n’existeraient pas au Maroc, des identités visuelles erronées et des fautes linguistiques manifestes.

Cette partie de l’affaire rappelle pourquoi un document qui semble administratif ne doit jamais être considéré comme authentique seulement parce qu’il circule avec une liste de données. Un visuel, un logo et une mise en page peuvent être copiés ou fabriqués. L’authenticité d’un document dépend de sa source vérifiable, pas de son apparence ni du nombre de partages qu’il reçoit.

Une enquête annoncée, mais pas de preuve publique indépendante

Les autorités marocaines indiquent que les investigations se poursuivent sous la supervision du parquet compétent afin d’identifier les personnes impliquées dans la fabrication et la diffusion des contenus qu’elles contestent. Plusieurs médias rapportent également que JabaRoot avait déjà été associé à d’autres publications visant des institutions marocaines. Ces antécédents ne constituent toutefois pas une preuve de l’origine des fichiers diffusés dans cette affaire précise.

La formule juste est donc la suivante : un groupe a revendiqué la diffusion de fichiers attribués à des personnels de sécurité marocains, tandis que les institutions concernées démentent un piratage de leurs propres systèmes. Les deux éléments doivent rester associés. Transformer le démenti en preuve absolue, ou la revendication en fait établi, reviendrait à effacer la zone d’incertitude qui demeure.

Le bon réflexe face à un fichier présenté comme une fuite

Ne partagez pas un fichier sensible pour le “vérifier”. Une liste contenant des données personnelles peut causer un préjudice même si son origine est contestée. La télécharger, la republier ou en extraire des noms augmente sa diffusion et peut aussi vous exposer à un fichier piégé. Conservez plutôt le lien de la publication initiale et cherchez la réponse de l’organisation nommée.

Distinguez toujours trois niveaux : revendiqué, confirmé, démenti. Une revendication indique ce qu’affirme le diffuseur. Une confirmation établit ce qu’une organisation ou une autorité reconnaît. Un démenti indique que l’organisation conteste le fait ou son origine. Ici, le piratage direct des systèmes DGSN-DGST est démenti, et aucune expertise indépendante ouverte au public ne permet de trancher l’origine de l’ensemble des fichiers.

Ce que nous ne pouvons pas vérifier

Nous ne pouvons pas vérifier de manière indépendante l’authenticité de chaque donnée ou document diffusé par JabaRoot, l’existence d’un éventuel mélange entre données authentiques et contenus falsifiés, ni l’origine technique exacte des fichiers. Nous ne pouvons pas non plus confirmer le nombre de personnes réellement concernées : le chiffre d’environ 70 000 provient de la présentation des fichiers par le groupe et de reprises de presse.

Le communiqué de la DGSN-DGST est une position officielle clairement attribuée, mais le document source n’a pas été retrouvé sur un site institutionnel accessible lors de nos vérifications. Les récits détaillés du groupe et les éléments techniques d’une éventuelle enquête ne sont pas publics. Cet article porte donc sur une revendication contestée, pas sur un piratage confirmé.

Le déroulé

  • 24 août 2026 · JabaRoot diffuse des fichiers présentés comme liés à environ 70 000 personnes rattachées à la DGSN-DGST.
  • 27 août 2026 · Le pôle DGSN-DGST dément toute intrusion dans ses systèmes et attribue les données à d’anciennes bases externes.
  • Depuis le 27 août 2026 · Les autorités annoncent la poursuite d’investigations sous la supervision du parquet compétent.

Ce qu'il faut faire

  • Ne relayez pas une prétendue fuite. Partager ou télécharger un fichier sensible peut amplifier l’exposition de données personnelles, même lorsque son origine reste contestée.
  • Cherchez la position de l’organisation visée. Avant de croire ou de transmettre une annonce, distinguez ce que revendique le diffuseur de ce que confirme ou dément l’institution concernée.

Sources : Yabiladi ↗ · TelQuel ↗ · APA News ↗

Article rédigé et vérifié par Cyberfaille, avec assistance IA. Un doute, une correction ? écrivez-nous.